16 mai 2022

Réinventer l'assurance, avec Benoît Bourdel

1 min

Ecrit par
Virgil Dablon
Virgil Dablon
Rédacteur
Virgil Dablon

Réinventer l'assurance avec Benoît Bourdel, cofondateur et CTO de Luko

 

Dans le cadre des FABRIx, des keynotes pratiques et inspirantes, La Fabrique by CA recevait Benoît Bourdel le 21 avril dernier. 

Co-fondateur et CTO du néo-assureur Luko, il nous parle de la conception et du développement de sa startup, de l’origine de son engagement et de sa vision pour la suite !

Le mythe fondateur de Luko : une catastrophe évitée de peu

 

En 2016, lorsqu’ils ont fondé Luko, Raphaël Vullierme et Benoît Bourdel étaient loin de penser qu’ils finiraient par faire de l’assurance habitation. Et pourtant… 

L’évènement fondateur de la startup est assez insolite. Benoît Bourdel, alors qu’il était encore étudiant, commit l’erreur de laisser les plaques de cuisson électriques allumées dans la cuisine. Résultat : des plaques HS et un incendie évité de justesse. Plus de peur que de mal.

Suite à l’incident, les deux acolytes en discutent et une idée arrive sur la table : conceptualiser un capteur capable de suivre la consommation d’électricité en temps réel pour identifier l’émergence de problèmes domestiques éventuels.

Partant de là, pour lutter contre les risques de sinistre, ils envisagent de vendre cette technologie aux assureurs et aux fournisseurs d’énergie. Pendant 9 mois, ils rament pour vendre leur solution, et finissent par comprendre que la collaboration avec des assureurs traditionnels ne leur facilitera pas la tâche. 
 

Le tandem décide alors de distribuer lui-même des contrats d’assurances habitation : 3 mois plus tard, après la première bougie de l’entreprise, un cap est fermement posé ! 

 

Leur pari : faire matcher tech’ et assurance

 

Cette nouvelle orientation est complexe à mettre en place. Les deux associés n’ont aucun vécu dans l’assurance. Leur seul avantage ? Un regard neuf ! Aussi à l’époque, il n’existait pas vraiment d'acteur complètement digitalisé pour “disrupter” le marché. C’est là que Luko a pu se frayer un chemin. Pour la suite, il fallait “juste” pouvoir recruter des gens avec une forte connaissance métier… 

 

 Un néo-assureur avec des ambitions affichées

 

Dès la genèse, Benoît et Raphaël voyaient les choses en grand :

“La France, c’est 60 millions de personnes : on ne construit pas de vraie licorne sur cette taille de marché. On avait au moins pour ambition de construire une boîte européenne.”

 

Pour ses débuts, Luko s’est toutefois focalisé sur la France. “Notre première cible a été les jeunes startupers parisiens et les millenials. Mais rapidement, on s’est demandé comment modifier notre message pour aller chercher une base un peu plus large. Aujourd’hui, notre clientèle en France se répartit entre Paris Lyon et Marseille, et un mix de villes de province. »

 

En juillet dernier, Luko a fait ses premiers pas en Espagne et plus récemment en Allemagne en rachetant la compagnie d’assurance Coya début janvier. Via cette acquisition, Luko s’est mué en assureur “full stack” pour ne plus se limiter à la distribution de contrats d’assurance. Son ambition ? Devenir la première assurtech européennne.

 

La digitalisation totale : un risque ?

 

La digitalisation totale proposée par Luko ne convient pas à tout le monde. On peut relever que l’entreprise compte peu de clients seniors. 

Mais le côté digital compte aussi de nombreux alliés. Pour l’anecdote, la déclaration de sinistre se faisait historiquement sur le navigateur ou dans l’application. Pour des raisons d’efficacité, Luko a décidé de supprimer la partie navigateur pour se focaliser sur l’application.

Un système de réalité augmentée a notamment été implanté dans l’app’ pour mesurer automatiquement la superficie des dégâts des eaux : de quoi éviter le déplacement d’un expert pour un simple métrage. 

 

Luko prenait un certain risque en incitant ses clients à déclarer leurs sinistres uniquement dans son application. Finalement, on peut constater que les utilisateurs se sont plutôt bien familiarisés avec la feature. L’amélioration du NPS (Net Promoter Score) en est la preuve concrète ! 

 

Une fonctionnalité inédite : Docteur House

 

Dans sa logique home care, Luko permet à ses clients, via sa nouvelle fonctionnalité Docteur House, de télé consulter gratuitement des experts du bâtiment, sur divers sujets du foyer. 

Après 30 minutes d'échanges en visioconférence, le client reçoit un rapport sur l’état de santé de son logement avec des recommandations et au besoin, la mise en relation avec des professionnels. 

« C’est du gagnant-gagnant. » Pour l’assureur, c’est un moyen de limiter les risques de sinistres. Pour les assurés, c’est une chance en plus de les éviter.

 

Luko propose un système de “Giveback

 

Comment ramener du sens dans le métier de l’assurance tout en parvenant à dissuader de potentiels fraudeurs ? Reverser à chaque fin d’année fiscale une partie des bénéfices à une association choisie par le client. La solution parait simple mais elle fonctionne. Alors on ne change pas une équipe qui gagne !


Le “Giveback” est une subvention reversée chaque année aux associations par Luko, constituée à partir des primes que les assurés versent tous les mois. “Luko récupère 30% pour se faire financer. Les 70% restants remboursent les sinistres, et à la fin, on redistribue cette somme aux associations”. 

L’idée est ainsi de réaligner le plus possible l’intérêt de l’assureur et de l’assuré : l’une des forces chez Luko. « Chez nous, tout le monde est gagnant. »

 

“Si j’avais un conseil à donner aux développeurs ? Savoir se focaliser sur le produit qu’on veut construire. Il faut créer de la tech pour le produit, et non pas l’inverse. Il ne faut pas faire de la technique pour de la technique et éviter de rester 6 mois dans son coin pour tester les choses”. 

 

Sur le management de la technologie, le CTO est clair : ce qui importe est de créer des systèmes intelligents et assez challengeants pour engager les ingénieurs sur le long terme. 

 

Comment sera Luko dans quelques années ?

 

Ce dont le CTO rêve pour l’avenir est à la fois porté par le sens et l’ambition :

“J’aimerais que Luko soit un acteur de référence de ce qu’on appelle le Home Care dans plusieurs pays en Europe, et qu’on continue à promouvoir les conditions d’un foyer plus sûr et plus vert.

 

Qui est Benoît Bourdel ?

 

Ingénieur de formation, Benoît Bourdel se prédestine à une carrière dans la physique nucléaire. Mais son besoin d’action et de résultats rapides l’enjoint à démarrer une vie professionnelle orientée vers l’univers des startups à Montréal.

Après être rentré en France, le jeune polytechnicien rencontre son futur associé Raphaël Vullierme et cofonde sa première entreprise en 2016 : Luko. Aujourd’hui, ce néo-assureur un peu spécial et très orienté “tech” se porte très bien. 

Médaille d’or dans son secteur en France, Luko couvre maintenant près de 300 000 foyers à travers tout le continent européen et n’est pas près de lever le pied : sa dernière levée de fonds ne comptabilise pas moins de 70 millions d’euros !

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