20 juin 2022

La Discipline au service de la Discovery, avec Rémi Guyot.

1 min

Ecrit par
Virgil Dablon
Virgil Dablon
Rédacteur
Virgil Dablon
Tanguy Saïas
Tanguy Saïas
Marketing Manager

Dans le cadre des FABRIx, des keynotes pratiques et inspirantes, La Fabrique by CA recevait le 19 mai dernier Rémi Guyot. CPO de l’incontournable plateforme de covoiturage Blablacar, il venait nous parler de la sortie de son livre "Discovery Discipline”, co-rédigé avec Tristan Charvillat et édité par Thiga.

Véritable feuille de route pour Product Managers, Product Owners, Product Designers et Product Marketing Managers, Rémi Guyot vante les mérites d’une méthodologie radicale pour optimiser l’efficacité et la pertinence du processus de Discovery. Il nous parle de sa vision de la relation client-produit et de l’approche qu’il a essayé de défendre dans ce livre. 

Un livre porté par l’obsession de la découverte

Si vous ne pratiquez pas encore la Discovery avec vos clients c’est que vous surestimez sûrement votre capacité à les retenir. Pratiquée dans la plupart des startups, la Discovery est une méthode de compréhension approfondie de vos utilisateurs pour développer des produits qui répondent parfaitement à leurs besoins. Il s’agit d’une étape critique dans un process de conception généralement réalisée en suivant la méthodologie dite du “Double Diamant”

La méthode du Double Diamant


Ce modèle, divisé en 4 phases – découvrir, définir, développer et livrer –, offre une carte visuelle du processus de conception. Il alterne les phases divergentes (ouvrir et explorer les idées possibles) et les phases convergentes (réduire et affiner les meilleures idées), l’ouverture et la réduction représentent et donnent la forme d’un « diamant ». Le fait que ces phases se répètent 2 fois explique pourquoi on parle de "Double Diamant". La première partie de chaque diamant sert à identifier le problème et la seconde partie à trouver la solution, le tout de manière itérative.

Considérant cette méthodologie comme perfectible, c’est donc un tout nouveau process de Discovery que Rémi Guyot et Tristan Charvillat ont mis au point chez BlablaCar.


Comment se tordre les méninges intelligemment pour aboutir à la création du produit parfait ? Quelles sont les bonnes pratiques à employer pour engendrer ce fameux “produit toboggan” - à savoir celui qui est tellement évident et ancré dans la vie quotidienne, qu’on ne s’aperçoit même plus de son utilisation ?

Toutes ces questions sont traitées dans le livre, avec l’idée que le contexte d’utilisation d’un produit est sa raison d’être. 

“Quand on leur demande un retour d’expérience, les gens doivent nous parler de ce qui s’est passé dans la voiture. Si elles nous parlent de l’application en elle-même, c’est qu’un truc coince quelque part” assure Rémi Guyot. 

Comment donc partir d’une méthode efficace pour paver au mieux le chemin du produit et réussir le toboggan ? C’est là tout l’enjeu du livre, véritable ode à la simplification.

La créativité a besoin d’un socle et d’une clarification radicale

Si vous deviez écrire un tweet pour lancer votre solution, vous raconteriez quoi ? 

En 280 caractères, une solution doit pouvoir être “pitchée”, sinon c’est qu’elle manque d’impact. C’est du moins la conviction de Rémi Guyot. 

Et avant de pouvoir “pitcher” cette solution, il faut pouvoir définir des bases, cadrer et anticiper les effets collatéraux potentiels. En somme, construire des fondations solides et clarifier un maximum. “Si on veut améliorer le taux de conversion d’un site et le passer de 2% à 2.5%, on n’agira pas de la même manière que si on souhaite le doubler à 4%. Tout est une question de définition d’objectif.”

Un projet doit pouvoir répondre à un contexte précis d’utilisation, un cas d’usage. Partir dans tous les sens est dangereux, même si cela part d’une bonne intention. Le CPO sourit : “C’est le même principe que pour le jeu du “Qui est-ce ?” On élimine nos hypothèses jusqu’à obtenir la base la plus pure à partir de laquelle travailler.” En ce sens, il y a une citation que Tristan reprend beaucoup :

“Les rives sont la chance du fleuve, parce qu’elles l’empêchent de devenir marécage.” 

Jacques Bourbon-Busset

Nous pensons donc que les contraintes ne brident pas la créativité, mais plutôt donnent les conditions de possibilité de son expression. Il faut définir à l’avance, avec grande précision, l’impact qu’on va avoir avec le projet qu’on mène. Et non pas laisser libre cours à une créativité débridée qui ne mène nulle part”.

Une méthodologie qui peut s’adapter à toutes les “time box” et tous les enjeux

Peu importe l’échelle et la “time box” - comprenez les deadline que l’on va s’imposer - du produit à réaliser, la méthodologie de Rémi a vocation à s’adapter à toutes les situations. 

Seul change le degré de complexité et de recherche. “L’idée était de concevoir une méthode “accordéon”. Si on la compresse à fond, elle peut très bien s’exécuter sur une heure, comme sur un an si on la déplie complètement.” Somme toute, tout dépend du degré d’importance, d’effort, de complexité ou de maturité de la réponse à apporter en fonction des nécessités ! 

“Les bons artistes copient et les grands artistes volent.”


Pablo Picasso

L’une des étapes de la méthode est volontairement provocante : “steal”, sur la base de la fameuse citation de Picasso : “Les bons artistes copient, et les grands artistes volent”. 

Rémi Guyot s’explique : “Cette idée vient d’un principe d'humilité qui consiste à dire : on est qu’une toute petite partie de la vie de nos utilisateurs et il faut être efficace. Soit on réinvente tout, tout le temps, soit on pompe intégralement ce que d’autres ont déjà fait et qui suffit parfaitement à l’utilisation qu’on souhaite en faire. Je crois que le vrai travail de discovery est de trouver ce qui existe déjà.”

Ce qui compte le plus pour le CPO de Blablacar, c’est d’éviter les efforts inutiles et de faire matcher les moyens disponibles avec les ambitions recherchées. Bref, de se perfectionner dans l’art de dénicher les “golden nuggets”, c’est-à-dire les solutions qui existent déjà et qu’on peut réutiliser quand elles répondent au problème visé. 

“Par exemple, à un moment, il nous fallait faire une carte. Et on est directement allé chercher l’inspiration chez Google Maps. On ne peut pas faire mieux à 2 chez BBCar que 100 types chez Google. On gagne en vitesse d’exécution, car on ne réinvente pas, et on optimise l’impact parce qu’on sait que ça fonctionne déjà.” 

“Nos inspirations sont très diverses : ça va de l’assurance à Spotify en passant par Airbnb. Dans tous les cas, le vrai travail créatif est de trouver ces golden nuggets et de les assembler. Je n’ai aucun scrupule à copier si les solutions réutilisées répondent à des problèmes qu’on cherche à régler (dans la mesure du possible). Après, la réutilisation doit être faite intelligemment. Tout pomper sans réfléchir est le meilleur moyen pour tout rater”. 

Pourquoi l’ego peut être un frein à la pratique de la simplicité ?

Dans cette recherche de la simplicité, les problèmes d’ego sont un frein terrible. Rémi Guyot s’explique : l’ego est la raison numéro 1 pour laquelle on utilise des applications complexes. C’est la malédiction de la simplicité : si on fait un travail de simplicité parfait, personne ne le verra jamais, parce que tout le boulot de simplification a effacé les traces du travail effectué, aussi lourd soit-il. 

“Quand c’est simple, ça paraît évident pour tout le monde. Sauf qu’en tant qu’employé, montrer à son boss la solution simple et risquer qu’il ne se rende pas compte du travail peut être problématique. Tout le monde se dit spontanément qu’il faut lui proposer un truc plus compliqué. Bref, c’est un drame absolu et il faut lutter contre ça”. 

Un livre motivé par la vocation du partage

Pourquoi dévoiler sa méthodologie si elle est si efficace ? Rémi explique que c’est dans la culture de Blablacar de partager. C’est après tout un service communautaire. Dans la voiture, on partage des moments de vie et on dit même des choses qui ne se disent pas ailleurs.  

“On est convaincu que, quand on partage, on est forcé de comprendre ce qu’on doit partager, affirme Rémi Guyot. Du coup…

1. On se dit qu’on va mieux comprendre et maîtriser ce qu’on fait en le couchant sur le papier et en le partageant au plus grand nombre.

2. Le fait de partager fait partie d’une valeur dont on a tiré beaucoup de belles choses : on est donc ravi de rendre la pareille !”

Pour commander le livre, rendez-vous ici https://fr.discovery-discipline.com/

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Qui est Rémi Guyot ?

Designer de formation, Rémi Guyot a un parcours atypique. 

Ayant aussi bien travaillé pour des associations comme Webmaster que pour des grandes compagnies américaines (Paypal) comme Head of UX, il est embauché chez Blablacar en 2015 en tant que CPO (Chief Product Officer). Poste qu’il occupe depuis. Rémi Guyot est obsédé par les sujets de “simplicité” et de “simplification”. Il est l’instigateur d’une méthodologie de travail innovante qu’il pratique quotidiennement avec ses équipes et formalisée dans son nouveau livre : Discovery Discipline.  Aujourd’hui, Blablacar compte pas moins de 100 millions d’utilisateurs à travers le monde et connaît une croissance exponentielle dans des pays comme l’Inde ou encore le Brésil. 

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