7 Juil, 2025 | Article

Doxallia : la souveraineté numérique au service de la gestion administrative et financière 

Filiale du Groupe Crédit Agricole spécialisée en intelligence documentaire et digitale, Doxallia n’a pas seulement vocation à accompagner les entreprises dans leur transformation numérique. Rencontre avec Renaud Bac, son Directeur Général, qui se positionne en leader du marché tout en apportant à ses clients une brique de souveraineté numérique plus importante que jamais.

Le nom de Doxallia est récent car cette filiale du Crédit Agricole n’a vu le jour qu’n 2022. Toutefois l’entreprise est issue du rapprochement d’entités dont la plus ancienne avait été créée en 1994. « Ce regroupement est un projet stratégique qui a pris près d’une décennie à se concrétiser, explique son directeur général, Renaud Bac. Les dirigeants du Groupe ont décidé de concentrer les moyens et rationaliser les processus afin de créer un champion sur son secteur. »

Un marché qui fait l’opportunité

Tout part d’un constat simple. En tant que plus gros client de La Poste sur le courrier industriel avec 23 millions de clients en France, le Groupe Crédit Agricole bénéficiait d’un volume et d’un besoin suffisamment conséquent pour donner naissance et opérer l’un des acteurs les plus importants du marché. Doxallia opère sur toute la chaîne documentaire et digitale des entreprises. La société adresse des problématiques telles que la dématérialisation des documents, la signature électronique ou de vérification d’identité (KYC).

« Nous répondons à une rupture technologique majeure pour les entreprises puisque l’on passe d’un monde du document à un monde de la donnée. D’un environnement physique à une digitalisation des processus qui doivent donc être reconstruits pour être nativement digitaux. »

Les ruptures technologiques, une vieille habitude

Renaud Bac est un habitué des ruptures technologiques qui transforment un marché. Après avoir œuvré dans les télécoms en 1998 au moment de la dérégulation et de la fin du monopole de France Télécom, il se dirige chez M6. C’est le moment de la création de la TNT, de l’explosion du câble et de la naissance du web. Quand il bascule vers le secteur financier au début des années 2010, la transformation digitale amorce elle aussi un changement de paradigme. Son ampleur est sans précédent. “Je pense que c’est ce qui m’a attiré, dit-il. Je me sens bien dans des environnements qui se réinventent ! »

Vers un positionnement sur l’ensemble de la chaîne de valeur

Renaud Bac inscrit l’innovation au cœur de la démarche de Doxallia. « J’ai un peu pris modèle sur la Fabrique by CA avec qui nous travaillons beaucoup, avoue-t-il. On a créé une forme de startup studio interne pour développer de nouveaux produits avec une logique vraiment lean. » En tant que PDP (plateforme de dématérialisation partenaire), Doxallia fournit notamment les services de back-end à Kolecto sur le sujet de la facturation électronique.

Avec cette approche, chaque nouveau produit développé chez Doxallia permet de se positionner à un nouvel étage de la chaîne de valeur. La vérification d’identité biométrique, la lutte contre la fraude identitaire et documentaire, ou la signature électronique sont autant de cas d’usages.  « Notre force est que nous sommes capables d’adresser l’ensemble des problématiques de la gestion documentaire et de la sécurisation de ses processus ».
 

La souveraineté numérique, un enjeu de plus en plus stratégique

Avec un contexte géopolitique qui définit de nouveaux équilibres internationaux, la souveraineté numérique devient un combat prioritaires pour les entreprises. Très tôt, Doxallia en a fait l’une de ses principales forces en mettant les bouchées doubles sur le niveau d’exigence proposé à ses clients. « Nous n’utilisons pas de cloud externe. Ce n’est pas qu’une question de données qui sont évidemment hébergées sur nos infrastructures propres, c’est aussi une question de transactions et d’opérations. Rien ne sort de chez nous. Même sur des composants qui ne nous appartiennent pas. Nous les installons dans nos infrastructures afin d’en avoir le contrôle. »

« Je pense qu’il y a une vraie incompréhension de ce qui se joue aujourd’hui ! précise Renaud Bac avec conviction. Certains ont sacrifié la sécurité et la maîtrise économique au nom de l’usage, de l’UX et de la performance. »
Pour le directeur général de Doxallia, les entreprises et administrations françaises qui se sont trop largement déployées sur des clouds non souverains sont vulnérables. Même si la plupart des acteurs US du Cloud ont annoncé l’ouverture de datacenters en France ou en Europe, « le problème reste entier, assure-t-il. Ces acteurs sont toujours américains. Quand on voit le contexte géopolitique, tout invite à faire preuve d’une grande vigilance. La souveraineté, tout le monde en parle, mais peu en font vraiment»

Le moment Doxallia dans un contexte mondial  incertain

Doxallia veut donc occuper le terrain comme un acteur de confiance de référence au service de la souveraineté numérique des organisations. Un sujet que Renaud Bac met sur le même niveau que l’indépendance énergétique ou de l’armement.

« Le numérique est un sujet éminemment stratégique. C’est un pilier sans lequel nos sociétés ne pourraient plus s’organiser, donc la dépendance à des acteurs extra européens me paraît périlleuse. Maintenant, est-ce que c’est réversible ? La réponse est oui. Est-ce que cela prendra du temps ? Oui également. Est-ce que cela va coûter ? La réponse est encore oui. Mais est-ce qu’il faut commencer ? Définitivement ! Et est-ce que Doxallia a une carte à jouer ? Je pense que vous connaissez déjà la réponse ! »

Valentin Pringuay