Ils représentent des millions d’actifs, tous secteurs confondus, à tous les niveaux hiérarchiques. Les salariés aidants, ces personnes qui accompagnent un proche en situation de dépendance liée à une maladie, une perte d’autonomie ou un handicap, constituent un contingent massif et silencieux du monde du travail. Selon l’étude OpinionWay réalisée auprès de 548 d’entre eux, 75 % pensent à leur proche pendant leurs heures de travail. Un chiffre qui, loin d’être alarmant, rappelle que mieux accompagner les collaborateurs concernés permettrait sans doute aux organisations, de toute taille, de mieux fonctionner.
Aider et travailler : le phénomène touche tous les étages de l’entreprise
Les effets de l’aidance sur le quotidien professionnel sont bien documentés. Près de deux tiers des salariés concernés (64 %) gèrent des appels ou des démarches pour leur proche pendant le temps de travail, 59 % ont adapté leurs horaires ou leur organisation, 46 % ont sollicité un aménagement durable de leur activité. Autant de signaux que les managers captent difficilement faute d’outils RH ou de culture pour les accueillir.
La donnée la plus parlante pour les DRH est peut-être celle-ci : 43 % des salariés aidants ont envisagé de quitter leur emploi. Non par désengagement, mais parce qu’ils n’ont pas trouvé dans leur entreprise les conditions pour assumer les deux rôles. En mesurant le coût de l’inaction en matière de recrutement et de fidélisation, le choix d’un accompagnement structuré semble donc évident.
Les actifs de moins de 35 ans en première ligne
L’étude OpinionWay bouscule un cliché tenace : l’aidance n’est pas l’apanage des seniors. Ce sont les moins de 35 ans qui vivent cette tension le plus intensément. 73 % d’entre eux déclarent des difficultés de concentration, 58 % ont envisagé de partir, 53 % ont renoncé à une évolution professionnelle. Pour les organisations engagées dans des démarches de marque employeur, l’opportunité est évidente : mettre en place une démarche aidants, c’est aussi répondre aux besoins d’une génération sur l’organisation des temps de vie.
Une situation encore difficilement avouable en entreprise
La peur de la stigmatisation demeure le principal frein à la prise de parole. La crainte d’être perçu comme moins disponible (67 %) ou de voir sa carrière pénalisée (64 %) sont donc au centre des préoccupations, en miroir de cultures d’entreprises souvent mal outillées sur le sujet.
Paradoxalement, 70 % des salariés aidants font également état d’une vraie fierté pour ce qu’ils accomplissent au quotidien. Un capital humain et émotionnel considérable, que les entreprises peuvent transformer en engagement durable comme c’est le cas au Crédit Agricole Centre-Est.
Au Crédit Agricole Centre-Est, la démarche aidants donne des résultats bien concrets
La Caisse régionale a choisi d’agir dès 2024 avec une démarche progressive et réplicable : sensibilisation du comité de direction, formation des managers, puis constitution d’un réseau de salariés ambassadeurs volontaires pour écouter et orienter leurs collègues. Deux ans plus tard, 110 situations individuelles ont été accompagnées et le dispositif est pérenne. « Plus l’entreprise sensibilise, plus les situations peuvent être identifiées tôt, et plus les réponses peuvent être simples et adaptées », souligne Jean Gauthier, directeur en charge du dispositif. Fort de son succès, le programme a été récompensé par le Grand Prix 2025 CARE de l’ANDRH.
Consulter l’étude complète
Sondage OpinionWay pour le Crédit Agricole Centre-Est et nello, réalisé du 16 au 17 septembre 2026 auprès de 548 salariés aidants, issus d’un échantillon représentatif de 1 562 salariés français de 18 ans et plus.

