7 mars 2019

4 ruptures dans le wealth management

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Gérer son portefeuille de placements, prévoir les meilleurs rendements, optimiser son épargne en temps réel… Et si tout ceci devenait désormais possible directement depuis son salon, en écoutant un conseiller financier via son assistant vocal ? C’est ce que proposent aujourd’hui les startups de la gestion de patrimoine, ou du "wealth management", qui font progresser le métier vers des activités à plus forte valeur ajoutée, avec ou non l’expertise humaine d’une empathie et d’une personnalisation complémentaire.

La gestion de patrimoine ne concerne ainsi plus uniquement le conseil en investissement ou encore le family office pour les plus fortunés de la banque privée. Depuis quelques années, portée par l’émergence de la fintech, c’est toute la vie financière et personnelle d’un individu ou d’une entreprise qui peut être accompagnée par de nouveaux services digitaux. La démocratisation du marché est une tendance de fond—notamment outre-Atlantique—qui, via les nouvelles plateformes de gestion, devrait croître à un rythme annuel de 15% pour atteindre 4 milliards de dollars d’ici 2023, selon les estimations de MarketWatch.

Non seulement le wealth management devient accessible à tous, mais il s’appuie aussi sur une nouvelle relation à l’argent. De près de 85 trillions de dollars en 2016, les actifs sous gestion dans le monde vont presque doubler pour atteindre 145 trillions en 2045, anticipe ainsi PwC. Un regain d’intérêt qui s’explique aussi par un changement des mentalités : 72% des moins de 40 ans indiquent désormais être à l’aise avec un conseiller financier virtuel, selon une étude McKinsey.

McKinsey&Company—The Virtual Financial Advisor: Delivering Personalized Advice in the Digital Age

Dans le même temps, l’investissement dans ces nouvelles fintechs continue d’être attractif. Les fonds des VC (spécialisés dans les fintechs) ont ainsi crû de 18% en 2017, à 27,4 milliards de dollars notait Accenture.

Résultat, le secteur repose actuellement sur de multiples de solutions en B2C et B2B, allant des solutions pour investir, aux logiciels financiers en passant par des brokers en ligne, du micro-investissement ou encore de la prévision financière. Toutes obéissent aux règles de transparence, d’hyper-personnalisation et d’immédiateté du digital auxquelles s’ajoutent 4 grandes tendances que La Fabrique by CA est allée explorer.

Les millennials en attente de services

La première rupture est d’abord générationnelle. Étonnamment, les millennials (nés entre 1981 et 1996, selon la clarification du Pew Research Center) sont en effet prêts à recevoir des conseils sur leurs dépenses, leurs prêts, leur épargne, etc., via des plateformes comme Facebook, Amazon ou Google, d’après un sondage mené en 2017 au Tiburon CEO Summits. De même, 15% des millennials épargnent davantage que la génération précédente, mais ils ont 169% plus de dettes qu’elle, selon des chiffres Rave Reviews cités par le World Economic Forum. Aussi, ils se sentent prêts à prendre le contrôle sur leurs finances (89%) ou à rechercher des solutions de planification de leur gestion d’actifs (64%). Ces souhaits exprimés par la jeune génération influencent nécessairement l’expérience à proposer, en rendant celle-ci mobile-first, sans ruptures de parcours, sans coutures et centrée sur le client.

La gamification dans la gestion de patrimoine

L’ouverture aux millennials est liée à une autre tendance du secteur : celle de la gamification de la gestion de fortune qui peut venir les séduire par le biais du divertissement. Concrètement, la gamification consiste à incorporer des éléments du jeu dans une applications qui, à l’origine, n’en est pas un. "Dans la banque privée, la gamification peut améliorer l’expérience utilisateur et son intérêt et réduire les barrières émotionnelles par rapports aux données financières", explique Deloitte. Pour ces millennials ou pour les publics novices, le jeu est aussi pédagogique.

Par exemple, en 2016, la startup américaine Lenny proposait de récompenser les bonnes décisions financières en augmentant le score de crédit de l’utilisateur, tout en apprenant la gestion de l’argent de manière ludique. De même, l’application britannique MyFuture de 7 Investment Management, développée avec Nintendo, apprend à un public plus jeune les vertus de l’investissement financier et de la planification. "Un outil dans le style du jeu montre aux utilisateurs à quels revenus ils peuvent prétendre à la retraite", explique la revue Professional Wealth Management. My Wealth, développée par Dorsum propose quant à elle un produit hybride avec des "mini jeux éducatifs d’investissement et d’objectifs à atteindre". D’autres vont encore plus loin en proposant la réalité virtuelle (VR) pour visualiser ses finances et prendre conseil. C’est le cas de la société d’investissement Fidelity qui a développé l’assistant Cora en VR avec Amazon en 2018.

Des robots au service de la prédiction financière

Ensuite, tandis qu’elle est parmi les plus fortes croissances du secteur sur ces prochaines années, la tendance est aux robots-conseillers qui doivent apporter un conseil augmenté grâce à des algorithmes. Certains sont même capables via une plateforme [digitale] de piloter des transactions financières en votre nom, en temps réel, 24h/24 et 7 jours sur 7. Déjà, ces programmes automatisés aussi appelés robo-advisors supervisaient 400 milliards de dollars sous gestion à la mi-2018, avec une croissance attendue de 38,2%, selon un rapport Statista. Ces robots sont de plus en plus dopés par des technologies d’IA et de machine learning, utilisées par exemple par le robot Watson d’IBM, et qui permettent d’améliorer la prédiction financière. Grâce à ces nouveaux programmes pour interagir avec le client, "les entreprises établies de la gestion de fortune sont les mieux positionnées pour capitaliser sur ce type de technologie disruptive", observe Finexasia.com.

Côté startup, le marché des robo-advisors est particulièrement concurrentiel. Pour en citer certaines, Wealthfront est une solution en B2C qui a levé 129,5 millions de dollars. En B2B, on trouve AdvisorEngine qui a lui, levé 20 millions de dollars en série A, note un rapport CB Insights.

Mais aussi Betterment qui vend sa solution d’automatisation des conseils en marque blanche. Certains ont choisi la niche, tels Bloom, NextCapitalGroup et ForUsAll qui visent tous les retraités et leurs épargnes diverses à optimiser.

La blockchain pour améliorer l’infrastructure

Véritable technologie de décentralisation et d’automatisation de la gestion des données, la blockchain promet aussi de grands bouleversements dans la gestion de fortune. Reposant sur un grand livret de compte ouvert, un réseau de pair à pair, un protocole de consensus destinés à organiser la gouvernance, et sur la cryptographie des échanges, la chaîne de blocs peut créer "de nouvelles infrastructures, de nouveaux marchés et produits", constatent une étude E&Y. Concrètement, ce grand livre de comptes transparent et sécurisé pourra permettre de stopper une transaction automatique si celle-ci n’est pas conforme à la loi ou aux règles du KYC, ou si le marché financier n’envoie pas les bons signaux. Ces actions seront opérées par des "smart contracts", des programmes automatiques qui agissent selon une information donnée.

Plus certainement, les startups de la blockchain dans le secteur et utilisant le Bitcoin Cash (BCH) promettent d’importantes économies de fonctionnement grâce à la simplification des process. Sur cette tendance se positionnent des nouvelles plateformes de trading destinées aux investisseurs, tels Iconomi, Melonport et Brickblock. Toutes intègrent les cryptomonnaies dans les échanges. D’autres "tokenisent" (transforment en jetons de valeurs) des actifs pour les échanger ensuite sur le marché des produits de base, à l’image de BankEx, citée par le blog BlackMoonCrypto, elle-même une nouvelle plateforme d’investissements de dernière génération.

Quand les utilisateurs sont appelés à prendre le contrôle de leur patrimoine, les professionnels doivent eux, se montrer à la pointe de la réponse à ces attentes. "Allez-vous chercher à grandir ou à devenir leader sur une niche ? Peu importe ce que les managers de la gestion de fortune décideront, ils ont besoin d’agir maintenant", résume PwC dans son rapport Asset & Wealth Management Revolution: Embracing Exponential Change. Paradoxalement, l’innovation est à scruter vers la Chine : avec ces centaines de millions d’individus issus de la classe moyenne, elle est en passe de devenir le nouveau leader du wealth management avant l’Europe, note CB Insights.

En France, les robo-advisors peinent encore à s’imposer, les clients rechignant à se confier uniquement à un algorithme. Parallèlement, l’humain ne s’oppose pas au digital et l’hybridation des deux est souvent gagnante.

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